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Actualité Belgique

Salaires en Belgique : près de 4 travailleurs sur 10 n’auront pas d’augmentation au-delà de l’indexation

Les salaires continueront à évoluer en Belgique en 2026, mais les augmentations individuelles deviennent beaucoup plus rares. Selon la dernière enquête salariale de Randstad, plus de 38 % des travailleurs ne devraient recevoir aucune hausse supplémentaire au-delà de l’indexation automatique. Une fois l’inflation prise en compte, la progression réelle des salaires serait limitée à seulement 0,89 % cette année.

En Belgique, parler d’augmentation salariale peut prêter à confusion.

Une partie de la hausse du salaire vient automatiquement de l’indexation, destinée à suivre l’évolution du coût de la vie.

Une autre partie peut venir d’une augmentation individuelle accordée par l’employeur, d’une promotion ou d’une évolution de fonction.

Et c’est précisément cette deuxième catégorie qui semble devenir beaucoup plus limitée en 2026.

38 % Plus de 38 % des salariés ne devraient recevoir aucune augmentation supplémentaire au-delà de l’indexation automatique cette année.

Une enquête portant sur plus de 375 000 rémunérations

Les chiffres proviennent du Hudson Reward Survey de Randstad.

L’étude analyse plus de 375 000 packages salariaux répartis sur environ 400 fonctions différentes.

Elle permet de mesurer non seulement l’évolution du salaire fixe, mais aussi la manière dont les entreprises adaptent leurs budgets de rémunération.

375 000+ packages salariaux analysés.
400 fonctions différentes couvertes par l’enquête.

La progression réelle serait limitée à 0,89 %

Après prise en compte de l’inflation, la progression des salaires en Belgique est estimée à seulement 0,89 % en 2026.

Cela ne signifie pas que les salaires nominaux n’augmentent que de 0,89 %.

Une partie des hausses sert simplement à compenser l’augmentation générale des prix.

Le gain réel de pouvoir d’achat est donc beaucoup plus faible que l’augmentation brute visible sur la fiche de paie.

0,89 % La progression réelle estimée des salaires en 2026, après prise en compte de l’inflation.

L’indexation reste centrale en Belgique

La Belgique possède un système particulier dans lequel de nombreux salaires sont automatiquement adaptés à l’évolution du coût de la vie.

Il n’existe toutefois pas un seul système identique pour tout le monde.

Le moment et le pourcentage d’indexation peuvent varier fortement selon le secteur et la commission paritaire.

Certains travailleurs sont indexés chaque année.

D’autres connaissent une adaptation trimestrielle, semestrielle ou lorsqu’un indice déterminé est dépassé.

Une indexation automatique n’est pas la même chose qu’une augmentation individuelle : elle vise principalement à préserver le pouvoir d’achat lorsque les prix augmentent.

Plus de deux millions de travailleurs ont été indexés cet été

L’importance du mécanisme est apparue clairement pendant l’été 2026.

Selon SD Worx, plus de deux millions de travailleurs du privé et de fonctionnaires ont bénéficié d’une indexation salariale entre juillet et septembre.

Plusieurs grands secteurs étaient concernés, notamment la construction, les banques, les soins de santé, le commerce de détail et le secteur public.

Mais l’augmentation individuelle devient plus difficile

Randstad observe que les entreprises disposent de moins de marge pour accorder des augmentations supplémentaires.

La progression du salaire fixe hors indexation figure parmi les plus faibles de la dernière décennie.

Pour certaines entreprises, l’indexation automatique absorbe déjà une part importante du budget consacré aux rémunérations.

Elles disposent ensuite de moins de marge pour augmenter individuellement les travailleurs les plus performants ou ceux dont les responsabilités évoluent.

Le salaire peut augmenter sans que le travailleur se sente réellement plus riche

C’est probablement le point le plus important pour comprendre les chiffres de 2026.

Une fiche de paie peut afficher un montant supérieur à celui de l’année précédente, tout en offrant seulement une petite amélioration du pouvoir d’achat réel.

Si les prix augmentent presque aussi vite que le salaire, la différence disponible à la fin du mois reste limitée.

Les entreprises cherchent d’autres moyens de récompenser leurs salariés

Lorsque les budgets d’augmentation sont limités, certaines entreprises cherchent d’autres solutions.

Cela peut passer par des primes, des avantages extralégaux, davantage de flexibilité, une voiture de société, une assurance complémentaire ou certains avantages liés au bien-être.

Contrairement à une augmentation permanente du salaire fixe, certains de ces avantages ne représentent pas nécessairement une hausse durable des coûts salariaux.

Le package salarial devient donc de plus en plus important

Pour comparer deux emplois, regarder uniquement le montant brut mensuel ne donne plus toujours une image complète.

Assurance hospitalisation, chèques-repas, jours de congé supplémentaires, télétravail, prime annuelle ou plan de pension complémentaire peuvent représenter une valeur importante.

Deux personnes disposant du même salaire brut peuvent donc bénéficier de conditions globales assez différentes.

Les secteurs n’évoluent pas tous de la même manière

Les données officielles de Statbel montrent également des différences importantes selon les branches de l’économie.

Au premier trimestre 2026, l’indice des salaires et traitements avait progressé de 0,9 % sur un an dans l’industrie.

Dans la construction, la hausse atteignait 4 %.

Dans le commerce et la réparation, elle était de 1,6 %.

Et dans les services, elle atteignait 2 %.

Industrie : +0,9 % Évolution annuelle au premier trimestre 2026.
Construction : +4 % Une progression nettement plus forte.
Commerce : +1,6 % Pour le commerce et la réparation.
Services : +2 % Sur la même période.

Certains salaires élevés sont aussi indexés différemment

Depuis juin 2026, une modification temporaire s’applique également à certaines rémunérations supérieures à 4 000 € brut par mois.

Pour ces salaires, l’indexation est temporairement plafonnée sur une partie de la rémunération.

Les salaires bruts inférieurs ou égaux à 4 000 € continuent quant à eux à suivre le système normal d’indexation applicable à leur secteur.

Comme les mécanismes diffèrent d’une commission paritaire à l’autre, le moment où cette règle produit un effet peut varier selon les travailleurs.

Pourquoi certaines personnes ne verront donc presque aucun changement réel

Un travailleur peut recevoir une indexation, tout en constatant que son budget quotidien reste pratiquement identique.

Le logement, l’énergie, l’alimentation, les assurances ou les transports peuvent eux aussi coûter plus cher.

Une hausse salariale qui correspond principalement à l’inflation sert donc souvent à maintenir le niveau de vie plutôt qu’à l’améliorer.

C’est la différence entre une hausse du salaire nominal et une véritable progression du pouvoir d’achat.

Les augmentations individuelles ne disparaissent pas complètement

Le chiffre de 38 % signifie aussi qu’une majorité de salariés devrait encore bénéficier d’une forme d’évolution supplémentaire.

Mais cette évolution peut être très différente selon la fonction, l’entreprise, l’expérience et les résultats individuels.

Certaines personnes recevront une augmentation de leur salaire fixe.

D’autres bénéficieront plutôt d’une prime ou d’un avantage supplémentaire.

2026 reste donc une année particulière pour les rémunérations

La combinaison de l’inflation, des mécanismes d’indexation et de budgets salariaux plus serrés crée une situation inhabituelle.

Les salaires continuent généralement à évoluer, mais la marge restante pour de véritables augmentations individuelles devient plus réduite.

Cela explique pourquoi de nombreux travailleurs pourraient voir leur salaire augmenter sur le papier sans bénéficier d’une forte progression de leur pouvoir d’achat.

À retenir : les chiffres de 38 % et de 0,89 % proviennent du Hudson Reward Survey de Randstad et constituent des estimations pour 2026. Les règles d’indexation varient selon le secteur et la situation individuelle de chaque travailleur.

La rémunération en Belgique continue donc d’augmenter, mais beaucoup plus lentement lorsqu’on regarde ce qui reste après l’effet de l’inflation. Plus de 38 % des salariés ne devraient recevoir aucune hausse supplémentaire au-delà de l’indexation, et la progression réelle estimée se limite à 0,89 %. Pour de nombreux travailleurs, 2026 pourrait ainsi être une année où le salaire monte légèrement, sans que le budget quotidien ne change autant qu’espéré.