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Actualité Belgique

Rénovation en Wallonie : les aides ont changé depuis le 1er octobre… et tous les logements ne sont plus concernés

Depuis le 1er octobre 2026, la Wallonie applique un nouveau système de soutien à la rénovation énergétique. Le principe change fortement : l’aide régionale se concentre désormais sur les logements les moins performants et sur les rénovations capables d’améliorer réellement leur label PEB. Pour certains propriétaires, cela change complètement la manière de financer les travaux.

Isolation du toit, nouveaux châssis, chauffage, rénovation des murs : pendant des années, les propriétaires wallons ont connu plusieurs systèmes de primes parfois difficiles à comprendre.

Depuis le début du mois d’octobre, un nouveau régime est officiellement entré en vigueur.

L’objectif annoncé par la Région wallonne est désormais très clair : concentrer les moyens disponibles sur les logements considérés comme les plus énergivores.

1er octobre 2026 C’est la date d’entrée en vigueur du nouveau régime wallon de soutien à la rénovation énergétique.

Les logements PEB G et F sont directement visés

Le nouveau système ne s’adresse plus de la même manière à toutes les habitations.

Pour bénéficier du soutien régional dans le nouveau régime, un logement classé PEB G ou F doit faire l’objet d’un projet permettant d’atteindre au minimum le label D.

Pour un logement classé PEB E, les travaux doivent permettre d’atteindre au minimum le label C.

PEB G ou F Le projet doit permettre d’atteindre au minimum le label PEB D.
PEB E Le projet doit permettre d’atteindre au minimum le label PEB C.
Le soutien n’est donc plus conçu autour d’une simple succession de petits travaux indépendants : le résultat énergétique global du projet devient beaucoup plus important.

Pourquoi ce changement ?

La Wallonie souhaite concentrer davantage d’argent public sur les logements qui consomment le plus d’énergie.

Ces habitations, souvent qualifiées de « passoires énergétiques », peuvent représenter des dépenses importantes de chauffage et d’électricité pour leurs occupants.

Rénover ces bâtiments peut demander plusieurs interventions : isolation de la toiture, isolation des murs, remplacement de châssis, ventilation ou modification du système de chauffage.

Le nouveau modèle cherche donc à financer un véritable parcours de rénovation plutôt qu’une succession de petites aides séparées.

Les aides prennent désormais principalement la forme de prêts

C’est l’un des changements les plus importants.

Le nouveau système repose sur un financement dont les conditions varient notamment en fonction des revenus du ménage.

Pour les catégories de revenus les plus modestes, le taux peut être de 0 %.

Une partie du montant à rembourser peut également être réduite selon la catégorie de revenus.

Catégorie C1 Revenus jusqu’à 28 900 € : taux de 0 % et réduction pouvant atteindre 50 % du montant à rembourser.
Catégorie C2 De 28 900,01 € à 41 100 € : taux de 0 % et réduction pouvant atteindre 40 %.
Catégorie C3 De 41 100,01 € à 67 100 € : taux de 0 % et réduction pouvant atteindre 15 %.
Catégorie C4 De 67 100,01 € à 122 800 € : taux variable et pas de réduction du montant à rembourser.

Les seuils de revenus indiqués sont ceux indexés au 1er janvier 2026.

Une réduction de 5 000 € par personne à charge est également appliquée au revenu imposable pris en compte pour déterminer la catégorie.

Le montant maximal passe à 75 000 € pour une maison

Pour une maison unifamiliale, le plafond du financement augmente.

Il peut désormais atteindre 75 000 €, contre 60 000 € auparavant.

75 000 € Le nouveau montant maximal pouvant être financé pour une maison unifamiliale dans le dispositif.

Cette hausse du plafond correspond également à la volonté de soutenir des rénovations plus complètes.

Faire passer une habitation de PEB G ou F à D peut nécessiter plusieurs travaux simultanés, dont le coût dépasse rapidement celui d’une intervention isolée.

Le calcul ne se fait plus simplement travail par travail

Dans le nouveau modèle, la Région examine le projet de rénovation de manière globale.

Toiture, isolation, châssis, chauffage et autres interventions éligibles peuvent être intégrés dans le même parcours.

L’aide est donc calculée sur l’ensemble du projet et sur le résultat énergétique attendu.

Le changement important : le résultat final compte

Un propriétaire ne peut plus simplement regarder une liste de primes et choisir quelques travaux séparément.

Pour les logements visés par le nouveau régime, il faut désormais réfléchir à la performance énergétique que l’habitation atteindra après les travaux.

Le passage d’un label PEB à un autre devient donc l’un des éléments centraux du dossier.

Un audit est prévu avant les travaux

Le parcours comprend également un audit préalable.

Celui-ci doit permettre de déterminer le label PEB du logement et d’identifier les travaux nécessaires.

L’audit peut aussi relever des problèmes liés à la sécurité ou à la salubrité de l’habitation.

L’objectif est d’organiser les travaux dans un ordre cohérent, plutôt que d’effectuer des rénovations qui risqueraient ensuite de devoir être modifiées.

Pour un propriétaire qui envisage une rénovation importante, le point de départ n’est donc plus uniquement le devis d’un entrepreneur : le diagnostic énergétique du logement devient essentiel.

Les propriétaires bailleurs peuvent également entrer dans le dispositif

Le nouveau système n’est pas exclusivement réservé aux personnes occupant elles-mêmes leur maison.

Les propriétaires bailleurs peuvent également accéder au dispositif s’ils remplissent les conditions prévues.

Les associations de copropriétaires sont elles aussi concernées.

Des montants beaucoup plus élevés sont prévus pour les copropriétés

Rénover énergétiquement un immeuble d’appartements peut coûter beaucoup plus cher que rénover une maison individuelle.

La Wallonie prévoit donc des plafonds adaptés.

Pour les copropriétés de moins de 20 lots, le montant peut atteindre 600 000 €.

Pour celles comptant 20 lots ou davantage, le plafond peut aller jusqu’à 750 000 €.

600 000 € Pour une copropriété de moins de 20 lots.
750 000 € Pour une copropriété de 20 lots ou plus.

Les anciens dossiers ne disparaissent pas tous

La transition entre les anciens systèmes et le nouveau régime a également été modifiée récemment.

Certains propriétaires ayant engagé un projet de rénovation avant le 14 février 2025 peuvent encore bénéficier des anciens régimes sous certaines conditions.

La Wallonie a adapté ces règles à la suite d’observations formulées dans le cadre de procédures devant le Conseil d’État.

Pour les personnes concernées, une demande relevant de ces dispositions transitoires peut être introduite jusqu’au 30 septembre 2027.

30 septembre 2027 Date limite prévue pour certaines demandes relevant des anciennes mesures transitoires.

Un devis ancien peut devenir très important

Pour ces anciens projets, la date à laquelle les travaux ont réellement été engagés peut avoir une importance déterminante.

Les nouvelles mesures transitoires concernent notamment des projets pour lesquels un devis daté et signé existait avant le 14 février 2025.

Il est donc important de ne pas confondre ces dossiers anciens avec un nouveau projet lancé aujourd’hui.

Deux propriétaires réalisant aujourd’hui des travaux similaires peuvent donc relever de règles complètement différentes selon la date à laquelle leur projet avait été engagé.

Le régime temporaire de 2025-2026 est terminé

Le régime temporaire des primes Habitation 2025 avait été mis en place entre le 14 février 2025 et le 30 septembre 2026.

Il a pris fin au moment où le nouveau système est entré en vigueur.

Les nouvelles demandes doivent donc désormais être examinées dans le cadre du régime applicable depuis le 1er octobre.

Où les propriétaires peuvent-ils demander de l’aide ?

La Région prévoit de s’appuyer sur plusieurs organismes existants.

Parmi eux figurent notamment les Guichets Énergie Wallonie, les Espaces Wallonie, les plateformes locales de rénovation, la Société wallonne du Crédit social et le Fonds du Logement de Wallonie.

L’accompagnement doit progressivement être organisé sur trois niveaux.

Niveau 1 Informations générales et premiers conseils.
Niveau 2 Aide personnalisée pour préparer le projet, trouver le financement et accomplir les démarches.
Niveau 3 Accompagnement plus complet pouvant aller jusqu’au suivi des travaux.

La future Agence wallonne de l’Habitation prendra ensuite le relais

Une deuxième étape est prévue à partir du 1er janvier 2028.

La future Agence wallonne de l’Habitation doit alors piloter le dispositif avec des outils communs et une organisation harmonisée sur le territoire.

Ce qu’un propriétaire doit surtout vérifier avant de commencer

La première question est désormais le label énergétique actuel de l’habitation.

Un logement PEB G ne sera pas traité exactement de la même façon qu’un logement déjà très performant.

Il faut ensuite examiner le résultat attendu après rénovation, le coût global, les revenus du ménage et les possibilités de financement.

Commencer des travaux importants sans vérifier le régime applicable peut donc devenir risqué.

À retenir : le nouveau régime wallon est entré en vigueur le 1er octobre 2026. Il cible prioritairement les logements PEB E, F et G et conditionne le soutien à une amélioration minimale de leur performance énergétique. Certaines anciennes situations restent toutefois couvertes par des mesures transitoires spécifiques.

La rénovation énergétique en Wallonie entre donc dans une nouvelle phase. Les petites primes séparées cèdent la place à une logique de financement beaucoup plus globale, orientée vers les logements les moins performants. Pour les propriétaires, le changement essentiel est simple : avant de choisir les travaux, il faut désormais regarder le label PEB, le résultat énergétique à atteindre et le financement disponible pour l’ensemble du projet.