Près de 50 000 testaments enregistrés en Belgique en six mois… les plus de 65 ans représentent plus de la moitié
Les Belges semblent être de plus en plus nombreux à organiser leur succession à l’avance. Au cours des six premiers mois de 2026, 48 542 testaments ont été enregistrés dans le pays, soit une hausse de 18,8 % par rapport à la même période un an plus tôt. Et une catégorie d’âge se distingue particulièrement : les personnes de plus de 65 ans.
La hausse est suffisamment importante pour attirer l’attention de la Fédération du notariat.
Après un peu plus de 40 000 testaments enregistrés au premier semestre 2025, le total approche désormais les 50 000 sur seulement six mois.
Il s’agit des testaments inscrits au Registre Central des Testaments, administré par la Fédération du notariat belge.
Une hausse de 18,8 % en seulement un an
Durant les six premiers mois de 2025, 40 873 testaments avaient été enregistrés.
Un an plus tard, le nombre atteint 48 542.
Cela représente une progression de 18,8 %.
Lorsque l’on regarde un peu plus loin dans le temps, l’évolution devient encore plus visible.
Les plus de 65 ans sont largement en tête
L’âge des personnes ayant rédigé un testament constitue l’un des éléments les plus intéressants des nouvelles données.
Les personnes de plus de 65 ans représentent à elles seules 51,9 % des testaments enregistrés au cours des six premiers mois de 2026.
Autrement dit, plus d’un testament sur deux concerne cette catégorie d’âge.
Les personnes âgées de 56 à 65 ans représentent quant à elles environ 19 % du total.
Mais les plus jeunes commencent aussi à s’y intéresser
Préparer une succession n’est toutefois pas réservé aux personnes proches de la retraite.
Selon les données de Fednot, les 18 à 30 ans représentent 6,3 % des testaments enregistrés.
Chez les 31 à 40 ans, la proportion atteint 8,1 %.
Et les personnes âgées de 41 à 50 ans représentent 8,9 % du total.
Ces chiffres montrent que certaines personnes commencent à organiser leur succession bien avant d’atteindre un âge avancé.
La Flandre concentre la majorité des testaments
Les différences régionales sont importantes.
Sur les 48 542 testaments enregistrés, 35 266 l’ont été en Flandre.
Cela représente 72,6 % du total belge.
En Wallonie, 10 688 testaments ont été recensés, soit environ 22 % du total.
À Bruxelles, 2 588 testaments ont été enregistrés, soit 5,3 %.
La hausse concerne pourtant les trois régions
Le phénomène ne se limite pas à une seule partie du pays.
Par rapport au premier semestre 2025, le nombre de testaments augmente dans chacune des trois régions.
La progression est la plus forte en Flandre, où elle atteint 24,6 %.
À Bruxelles, la hausse est de 13,4 %.
En Wallonie, elle est plus modérée mais reste positive, avec une augmentation de 3,9 %.
Pourquoi autant de Belges décident-ils de rédiger un testament ?
L’objectif principal est de conserver davantage de contrôle sur la manière dont certains biens seront transmis après le décès.
En l’absence de testament, la succession est répartie selon les règles prévues par la loi.
Un testament permet d’exprimer des volontés supplémentaires, dans les limites imposées par la législation belge et par les droits réservés à certains héritiers.
Les situations familiales ont beaucoup changé
Les familles sont aujourd’hui parfois plus complexes qu’autrefois.
Couples mariés, cohabitants, familles recomposées, personnes célibataires ou couples sans enfants : les situations peuvent être très différentes.
Dans certains cas, les règles automatiques de succession ne correspondent pas exactement aux souhaits de la personne.
C’est l’une des raisons pour lesquelles un testament peut être envisagé.
Les couples non mariés y ont souvent recours
Fednot souligne notamment l’intérêt du testament pour certaines personnes vivant en couple sans être mariées.
Selon le statut de cohabitation et la situation familiale, les droits successoraux peuvent être très différents de ceux d’un couple marié.
Un testament peut alors servir à préciser certaines volontés, toujours dans les limites prévues par la loi.
Le registre ne contient pas le contenu du testament
Le Registre Central des Testaments joue un rôle important, mais il ne conserve pas publiquement ce que la personne a décidé de transmettre.
Le registre contient notamment l’identité de la personne, la date du testament et les informations permettant de savoir auprès de quel notaire il est conservé.
Son objectif est surtout d’éviter qu’un testament reste introuvable après un décès.
Plusieurs formes de testament existent
En Belgique, il existe différentes manières de rédiger un testament.
Certaines personnes choisissent un testament écrit de leur propre main.
D’autres préfèrent passer par un notaire, notamment lorsque la situation familiale ou patrimoniale est plus complexe.
Chaque formule possède ses propres conditions, et un document mal rédigé peut créer des difficultés au moment de la succession.
Ce n’est pas uniquement une question de patrimoine important
On associe parfois le testament aux grandes fortunes, aux maisons ou aux portefeuilles d’investissement importants.
Pourtant, il peut également concerner des situations beaucoup plus ordinaires.
Une personne peut vouloir organiser la transmission de certains biens, prévoir un legs à une personne particulière ou clarifier la répartition de ce qui restera après son décès.
L’enjeu n’est donc pas nécessairement la valeur totale du patrimoine.
Il s’agit surtout de savoir si la répartition prévue automatiquement par la loi correspond aux souhaits de la personne.
Un document qui peut également évoluer
Rédiger un testament ne signifie pas forcément prendre une décision définitive pour le reste de sa vie.
La situation familiale peut changer.
Un mariage, une séparation, un décès, l’arrivée de petits-enfants ou une modification importante du patrimoine peuvent conduire à revoir certaines dispositions.
C’est pourquoi les notaires recommandent généralement de vérifier périodiquement si les dispositions prises correspondent toujours à la situation actuelle.
Avec 48 542 testaments enregistrés en seulement six mois, soit près de 19 % de plus qu’un an auparavant, de plus en plus de Belges semblent vouloir organiser leur succession à l’avance. Le phénomène est particulièrement marqué chez les plus de 65 ans, qui représentent désormais plus de la moitié des testaments recensés. Mais la progression observée dans toutes les régions montre que la question de la transmission du patrimoine concerne aujourd’hui un public beaucoup plus large.