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Actualité Belgique

Plus de 92 000 Belges ont pris cette précaution en seulement six mois : les mandats de protection explosent

Prévoir qui pourra payer les factures, gérer les comptes bancaires ou prendre certaines décisions si l’on n’est plus capable de le faire soi-même : de plus en plus de Belges choisissent d’organiser cette situation à l’avance. Au premier semestre 2026, 92 026 mandats de protection ont été établis dans le pays, soit 38,6 % de plus qu’un an auparavant.

On pense souvent à préparer un testament pour organiser ce qui se passera après un décès.

Mais une autre question préoccupe de plus en plus de familles : que se passe-t-il lorsqu’une personne est toujours en vie, mais n’est plus en mesure de gérer elle-même ses affaires ?

C’est précisément à cette situation que répond le mandat de protection.

92 026 mandats de protection établis en Belgique durant les six premiers mois de 2026.

La hausse atteint 38,6 % en seulement un an

Le changement est spectaculaire.

Au premier semestre 2025, 66 399 mandats de protection avaient été établis.

Un an plus tard, le total atteint 92 026.

Cela représente une progression de 38,6 %.

2025 : 66 399 mandats pendant les six premiers mois.
2026 : 92 026 sur la même période.
+38,6 % en un an.
2022 : 41 647 Le nombre a plus que doublé depuis cette période.

À quoi sert exactement ce document ?

Le mandat de protection extrajudiciaire permet à une personne encore capable de prendre ses propres décisions de désigner à l’avance une ou plusieurs personnes de confiance.

Ces personnes pourront effectuer certains actes en son nom si elle n’est plus capable de s’en charger elle-même.

Cela peut arriver à la suite d’une maladie, d’un accident ou d’une perte progressive d’autonomie.

L’idée est de décider soi-même, tant qu’on en est encore capable, qui pourra intervenir plus tard et quelles seront exactement ses responsabilités.

Le mandat peut concerner les comptes et les factures

Les possibilités sont très concrètes.

Un mandataire peut par exemple être autorisé à gérer un compte bancaire, payer des factures ou percevoir une pension.

Il peut aussi recevoir certains courriers recommandés ou effectuer d’autres démarches administratives.

Les pouvoirs exacts dépendent de ce qui a été prévu dans le mandat.

Il peut aussi concerner une maison

Le mandat peut contenir des instructions relatives à certains actes immobiliers.

Cela peut être utile, par exemple, si une habitation doit être vendue alors que son propriétaire n’est plus capable juridiquement de signer lui-même l’acte.

Des dispositions concernant certaines donations peuvent également être prévues, dans les limites légales applicables.

Le vrai intérêt apparaît souvent lorsqu’une décision devient urgente

Imaginez un couple propriétaire de sa maison.

L’un des deux subit un accident grave et ne peut plus exprimer valablement sa volonté.

L’autre souhaite vendre le logement pour acheter une habitation plus adaptée.

Sans mécanisme prévu à l’avance, l’accord du copropriétaire incapable ne peut simplement être remplacé par une décision informelle de la famille.

Un mandat correctement établi peut permettre à la personne désignée d’agir dans les limites prévues.

Le document peut également prévoir certains choix de soins

Le mandat de protection n’est plus utilisé uniquement pour des questions financières.

Fednot souligne qu’il devient aussi un outil de planification des soins.

Une personne peut notamment exprimer à l’avance certaines préférences concernant son futur lieu de vie ou l’établissement dans lequel elle souhaiterait être accueillie.

L’objectif est de conserver autant que possible la volonté de la personne au centre des décisions futures.

Les plus de 65 ans représentent plus de deux tiers des mandats

Sans surprise, le dispositif est particulièrement populaire chez les personnes plus âgées.

Au premier semestre 2026, 67,9 % des mandats ont été établis par des personnes âgées de plus de 65 ans.

67,9 % des mandats du premier semestre 2026 concernent des personnes de plus de 65 ans.

Les 61-65 ans sont également plus nombreux

Les personnes âgées de 61 à 65 ans représentaient 13,1 % des nouveaux mandats.

Deux ans auparavant, leur part était de 11,7 %.

L’approche de la retraite semble donc être l’un des moments où davantage de personnes commencent à réfléchir à cette organisation.

Mais ce n’est pas réservé aux personnes âgées

Un accident grave peut évidemment survenir bien avant 65 ans.

C’est pourquoi le mandat peut être établi par une personne plus jeune si elle souhaite anticiper une éventuelle incapacité future.

Les notaires constatent d’ailleurs que certains événements de vie comme un mariage, la naissance d’un enfant, un achat immobilier ou le développement d’une entreprise peuvent amener à réfléchir à ce type de protection.

La Flandre représente 91 % du total

La répartition régionale est particulièrement frappante.

Sur les 92 026 mandats établis au premier semestre, 83 787 l’ont été en Flandre.

Cela représente environ 91 % du total belge.

Flandre : 83 787 +40,2 % par rapport au premier semestre 2025.
Wallonie : 5 717 +23,4 % sur un an.
Bruxelles : 2 522 +24,9 % sur un an.
Belgique : 92 026 +38,6 % au total.

La hausse concerne pourtant les trois régions

Même si la Flandre domine largement en nombre absolu, le mouvement ne se limite pas au nord du pays.

La Wallonie enregistre elle aussi une progression supérieure à 20 %.

Bruxelles connaît une hausse comparable.

Le recours au mandat de protection augmente donc partout en Belgique.

La différence régionale porte surtout sur le nombre de personnes qui utilisent déjà l’outil, pas sur la direction de la tendance : les trois régions sont en hausse.

Qui peut être désigné ?

Il s’agit souvent du conjoint, d’un enfant ou de plusieurs membres de la famille.

Une personne peut également prévoir plusieurs mandataires et répartir les responsabilités.

L’un peut par exemple s’occuper davantage des opérations financières, tandis qu’un autre peut intervenir sur d’autres aspects prévus.

Le document peut également définir des mécanismes de contrôle ou l’obligation de rendre compte à une autre personne.

Le mandat doit être établi pendant que la personne peut encore décider

C’est l’un des points essentiels.

Une personne doit encore être capable de comprendre la portée du document au moment où elle établit son mandat.

Il n’est donc pas possible d’attendre qu’une incapacité complète soit déjà installée pour simplement décider à sa place de créer le mandat.

En cas de doute, le notaire peut demander des éléments médicaux supplémentaires afin de vérifier que la personne comprend encore sa décision.

L’enregistrement est essentiel

Pour que le mandat puisse continuer à produire ses effets lorsque la personne devient incapable, il doit être enregistré au Registre central des contrats de mandat.

Ce registre est géré par la Fédération du Notariat belge.

L’enregistrement peut être organisé dans le cadre prévu légalement, notamment avec l’intervention du notaire.

Signer simplement une feuille entre membres de la famille ne garantit donc pas qu’elle fonctionnera comme un véritable mandat lorsque l’incapacité survient.

Que se passe-t-il lorsqu’aucun mandat n’a été prévu ?

Lorsqu’une personne n’est plus capable de gérer ses intérêts et qu’aucune organisation adaptée n’a été mise en place, une protection judiciaire peut devenir nécessaire.

Un juge de paix peut alors désigner un administrateur.

Cet administrateur peut être un membre de la famille ou, selon la situation, un professionnel.

La différence essentielle est que la personne n’a alors pas nécessairement pu organiser elle-même l’ensemble du dispositif avant son incapacité.

Le juge conserve malgré tout un rôle de protection

Disposer d’un mandat ne signifie pas que le mandataire peut agir sans aucune limite.

En cas de problème dans l’exécution, une intervention du juge de paix reste possible.

Le juge peut imposer certaines conditions, modifier la protection ou, si nécessaire, remplacer le système par une protection judiciaire.

Pourquoi le nombre augmente-t-il autant ?

Fednot explique que le dispositif est devenu beaucoup plus connu.

De nombreuses personnes en entendent parler dans leur entourage, dans les médias ou lors d’un autre rendez-vous chez le notaire.

Les familles souhaitent aussi de plus en plus souvent organiser à l’avance les questions liées à l’argent, au logement et aux soins.

La forte hausse de 2026 montre que cette préparation entre progressivement dans les habitudes de nombreux ménages.

À retenir : 92 026 mandats de protection ont été établis en Belgique au premier semestre 2026, soit 38,6 % de plus qu’un an auparavant. Le mandat permet de désigner à l’avance une personne chargée de certains actes si le mandant n’est plus capable de gérer lui-même ses intérêts. Pour conserver son effet en cas d’incapacité, le mandat doit répondre aux conditions légales et être correctement enregistré.

Avec plus de 92 000 mandats en seulement six mois, le phénomène n’est plus marginal. De plus en plus de Belges choisissent de prévoir aujourd’hui qui pourra gérer leurs comptes, leurs factures, leur logement ou certaines décisions futures si un accident ou une maladie les empêche un jour de le faire eux-mêmes. Et avec une hausse de près de 39 % en un an, cette forme de préparation familiale semble désormais s’installer durablement.