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Actualité Belgique

Logement en Wallonie : humidité et moisissures toucheraient un logement loué sur quatre

Murs humides, taches noires, odeurs persistantes et peinture qui se décolle : les problèmes d’humidité restent une réalité pour de nombreux locataires wallons. Selon le Rassemblement wallon pour le droit à l’habitat, près d’un logement loué sur quatre serait concerné par l’humidité ou les moisissures. Un problème qui ne se limite pas à l’état du bâtiment : la qualité de l’air intérieur peut également avoir des conséquences sur la santé.

Le sujet est revenu au premier plan début octobre à Charleroi.

Plusieurs associations de locataires ont organisé des rencontres consacrées aux liens entre logement dégradé et santé.

Des habitants y ont notamment raconté leur quotidien dans des logements touchés par des problèmes persistants d’humidité et de moisissures.

Un logement loué sur quatre serait concerné

Arnaud Bilande, coordinateur du Rassemblement wallon pour le droit à l’habitat, estime que l’humidité et les moisissures concernent environ un quart des logements mis en location en Wallonie.

Ce chiffre ne provient pas d’un recensement officiel de l’ensemble du parc immobilier wallon.

Il s’agit d’une estimation avancée par l’organisation à partir de son expérience du terrain et des situations rencontrées.

1 logement sur 4 L’estimation avancée pour les logements loués touchés par l’humidité ou les moisissures en Wallonie.

L’humidité peut apparaître pour des raisons très différentes

Toutes les taches d’humidité n’ont pas la même origine.

Certaines peuvent venir d’une fuite dans la toiture ou dans une canalisation.

D’autres apparaissent lorsque l’eau remonte dans les murs depuis le sol.

Une mauvaise isolation peut également créer des surfaces froides sur lesquelles la vapeur d’eau se condense.

Enfin, une ventilation insuffisante peut favoriser l’accumulation d’humidité à l’intérieur du logement.

Infiltrations Toiture, façade ou canalisation peuvent laisser entrer de l’eau.
Condensation Des murs froids et une ventilation insuffisante peuvent favoriser l’humidité.
Humidité ascensionnelle L’eau peut remonter depuis le sol dans certains bâtiments anciens.
Ventilation Un renouvellement d’air insuffisant peut favoriser le développement de moisissures.

Les moisissures profitent particulièrement des pièces humides

Une fois l’humidité installée, les moisissures peuvent se développer sur différents matériaux.

Elles apparaissent souvent dans les salles de bain, autour des fenêtres, derrière certains meubles ou dans des pièces mal ventilées.

Elles peuvent prendre la forme de petites taches noires, grises, vertes ou blanchâtres.

Une odeur de renfermé ou de moisi peut également constituer un signe d’un problème d’humidité.

La qualité de l’air intérieur est aussi concernée

Le SPF Santé publique rappelle que nous passons une grande partie de notre temps à l’intérieur.

La qualité de l’air dans le logement joue donc un rôle important.

Une humidité excessive favorise le développement des moisissures, dont les spores peuvent se retrouver dans l’air.

Les autorités sanitaires belges indiquent que les moisissures peuvent notamment provoquer des irritations et des allergies et contribuer à certains problèmes respiratoires.

Certaines personnes sont plus sensibles

Tout le monde ne réagit pas de la même manière à un environnement humide ou moisi.

Les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant déjà de problèmes respiratoires peuvent être plus vulnérables.

Sciensano indique notamment que les spores de moisissures constituent des allergènes aériens importants susceptibles de provoquer des rhinites, des conjonctivites allergiques ou de l’asthme chez certaines personnes.

Le problème ne se règle pas toujours avec un simple nettoyage

Nettoyer une petite tache visible peut améliorer temporairement l’aspect d’un mur.

Mais si la cause de l’humidité reste présente, la moisissure peut revenir.

C’est pourquoi identifier l’origine du problème est souvent plus important que simplement repeindre ou nettoyer la surface.

La question essentielle est souvent : d’où vient l’humidité ?

Cette distinction peut également être importante pour savoir qui doit intervenir.

Une fuite, un défaut de toiture, une mauvaise étanchéité ou un problème structurel ne se traite pas de la même façon qu’un simple manque d’aération.

En cas de désaccord, la Wallonie recommande qu’un professionnel ou un expert puisse éventuellement déterminer l’origine du problème.

Le locataire doit signaler rapidement le problème

Les informations officielles du SPW Logement recommandent au locataire d’avertir son propriétaire dès l’apparition d’un problème nécessitant des travaux.

Il est conseillé de permettre au bailleur de constater la situation sur place.

Lorsque le problème persiste, une notification écrite permet également de conserver une trace des démarches entreprises.

Photos, dates et échanges écrits peuvent être utiles lorsqu’il faut démontrer depuis quand le problème existe.

Qui doit payer les réparations ?

Cela dépend de l’origine du dégât.

Le locataire reste responsable de l’entretien normal du logement et des dégradations qu’il provoque.

Mais les réparations ne sont pas à sa charge lorsque les dégâts proviennent notamment de la vétusté, d’un vice du bâtiment ou d’un problème relevant de la responsabilité du propriétaire.

Le SPW donne notamment l’exemple d’une humidité ascensionnelle signalée au bailleur sans intervention de sa part.

Lorsqu’il est difficile de déterminer l’origine de l’humidité, le SPW conseille aux deux parties de faire éventuellement appel à un expert, un architecte ou un ingénieur.

Une enquête de salubrité peut aussi être demandée

Si aucune solution n’est trouvée et que l’état du logement pose un véritable problème, le locataire peut également se renseigner sur la possibilité de demander une enquête de salubrité.

Ce contrôle permet d’évaluer si le logement respecte les critères minimaux prévus par la réglementation wallonne.

Les démarches varient selon la commune et la situation du logement.

Quitter un logement inhabitable peut ouvrir certains droits

La Wallonie prévoit également, sous certaines conditions, des aides pour les ménages qui doivent quitter un logement reconnu inhabitable, surpeuplé ou inadapté.

Il existe notamment des allocations destinées à aider certains ménages à faire face au coût d’un nouveau logement.

Ces aides sont soumises à des conditions de revenus et de situation patrimoniale.

Le parc immobilier wallon reste ancien

Une partie importante des logements wallons a été construite à une époque où les normes d’isolation et de ventilation étaient très différentes de celles d’aujourd’hui.

La rénovation énergétique devient donc un élément important de la qualité du logement.

Isolation, toiture, ventilation, chauffage et remplacement de certains châssis peuvent tous jouer un rôle dans la maîtrise de l’humidité.

Le logement public est lui aussi en rénovation

La Wallonie prépare par ailleurs une réforme du calcul des loyers sociaux à partir du 1er janvier 2027.

Le nouveau système prendra davantage en compte la performance énergétique du logement.

L’objectif affiché est notamment de permettre aux sociétés de logement public de poursuivre davantage de rénovations tout en réduisant les charges énergétiques dans les logements les plus performants.

À Charleroi, la qualité des logements reste sous surveillance

Le sujet est particulièrement suivi dans la région carolorégienne.

Le Gouvernement wallon a récemment décidé de renforcer le suivi de La Sambrienne, la plus grande société de logement public de Wallonie.

Une partie de la mission confiée au nouveau commissaire spécial porte notamment sur la sécurité, la conformité et la salubrité des logements.

Pour les locataires, l’enjeu reste très concret : disposer d’un logement sec, sain et correctement entretenu.

À retenir : l’estimation d’un logement loué sur quatre touché par l’humidité ou les moisissures a été avancée par le Rassemblement wallon pour le droit à l’habitat. Elle ne constitue pas un recensement officiel de tous les logements wallons. En cas d’humidité persistante, l’origine du problème doit être identifiée avant de déterminer les travaux nécessaires et les responsabilités.

Derrière une simple tache sur un mur peut parfois se cacher un problème beaucoup plus important. En Wallonie, les témoignages recueillis auprès des locataires rappellent que l’humidité et les moisissures restent une préoccupation quotidienne dans une partie du parc locatif. La priorité consiste alors à identifier rapidement l’origine de l’humidité, à prévenir le propriétaire et à éviter que le problème ne s’installe durablement dans le logement.