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Argent & Belgique

Épargne en Belgique : les Belges mettent moins d’argent de côté qu’avant… mais investissent de plus en plus

La réputation du Belge qui laisse une grande partie de son argent sur un compte d’épargne correspond de moins en moins à la réalité. Selon une nouvelle étude d’ING Belgium, les ménages belges ont épargné 12,8 % de leur revenu disponible en 2025, moins que la moyenne de la zone euro. En parallèle, une évolution importante se produit : depuis 2025, davantage d’argent est dirigé vers les fonds d’investissement que vers les dépôts bancaires.

Pendant plusieurs décennies, la Belgique a été considérée comme un pays de grands épargnants.

Les ménages avaient tendance à conserver une part importante de leur revenu et à accumuler progressivement un patrimoine financier important.

Mais ING constate aujourd’hui que cette image correspond davantage au passé qu’à la situation actuelle.

12,8 % Part du revenu disponible épargnée par les ménages belges en 2025.

La moyenne de la zone euro est plus élevée

En 2025, les ménages belges ont épargné 12,8 % de leur revenu disponible.

Dans l’ensemble de la zone euro, la moyenne atteignait 14,7 %.

La Belgique, autrefois nettement au-dessus de ses voisins, se retrouve donc désormais sous la moyenne.

Belgique : 12,8 % du revenu disponible épargné en 2025.
Zone euro : 14,7 % sur la même période.

Une grande partie de l’épargne belge part dans l’immobilier

Pour comprendre les chiffres, il faut distinguer plusieurs formes d’épargne.

Acheter une maison, rembourser un crédit immobilier ou investir dans un logement contribue aussi à construire un patrimoine.

Selon ING, sur les vingt-cinq dernières années, environ 70 % de l’épargne des ménages belges a été consacrée à l’immobilier.

Seuls environ 30 % ont servi à acquérir directement des actifs financiers.

Le faible niveau d’épargne financière ne signifie donc pas forcément que l’argent a été dépensé : une partie importante a été transformée en patrimoine immobilier.

L’épargne purement financière tombe autour de 4 %

Lorsqu’ING retire l’investissement immobilier du calcul, le taux d’épargne financière belge atteint seulement environ 4 % du revenu disponible.

Dans la zone euro, il se situe autour de 6 %.

Cela représente l’argent qui peut notamment être placé sur des comptes, dans des obligations, des actions ou des fonds d’investissement.

4 % Le taux d’épargne financière estimé des ménages belges, contre environ 6 % dans la zone euro.

Les Belges restent pourtant très riches financièrement

Cette évolution récente n’efface pas plusieurs décennies d’accumulation de patrimoine.

Selon ING, le patrimoine financier net moyen atteint environ 257 000 € par ménage belge.

Il s’agit de l’un des niveaux les plus élevés d’Europe.

Cette moyenne ne signifie évidemment pas que chaque ménage dispose de 257 000 € sur son compte.

Le patrimoine est très inégalement réparti, et une moyenne peut être fortement influencée par les ménages les plus fortunés.

Le vrai changement depuis 2025 : les fonds dépassent les dépôts

Pendant longtemps, les nouveaux montants épargnés étaient principalement dirigés vers les comptes bancaires.

Depuis 2025, ING observe le mouvement inverse.

Les ménages belges placent désormais en moyenne environ 5,6 milliards d’euros par trimestre dans des fonds d’investissement, contre environ 3,5 milliards dans les dépôts bancaires.

Les fonds attirent donc environ 60 % de plus

La différence est importante.

Les nouveaux flux vers les fonds sont désormais environ 60 % plus élevés que ceux dirigés vers les dépôts.

Ce changement rompt avec la tendance observée pendant une grande partie de la décennie précédente.

5,6 milliards € par trimestre vers les fonds d’investissement.
3,5 milliards € par trimestre vers les dépôts bancaires.

Les comptes bancaires restent malgré tout très importants

Les Belges n’ont évidemment pas abandonné leurs comptes d’épargne.

Dans la partie du patrimoine financier considérée comme relativement accessible, les dépôts représentent encore environ 51 %.

Les fonds d’investissement atteignent environ 34 %.

Les actions cotées représentent environ 9 %, et les obligations autour de 5 %.

43 % des Belges investissent déjà

L’enquête consommateurs d’ING montre également qu’une part importante de la population possède déjà un placement financier.

Environ 43 % des Belges déclarent investir dans des actions, obligations, fonds ou ETF.

24 % supplémentaires indiquent qu’ils pourraient éventuellement le faire dans le futur.

Cela ne signifie pas qu’investir convient automatiquement à tout le monde. Les fonds, actions et ETF peuvent perdre de la valeur, contrairement à l’idée d’une épargne garantie.

Le manque de connaissances reste le premier frein

Parmi les personnes qui pourraient investir mais ne le font pas encore, plus de six sur dix disent manquer de connaissances.

La peur du risque arrive également parmi les principales raisons.

La fiscalité joue elle aussi un rôle.

Selon ING, environ un investisseur potentiel belge sur cinq dit être découragé par les règles fiscales.

Une simulation à 83,3 milliards attire l’attention

ING a également réalisé un exercice théorique sur les trente dernières années.

Si les ménages belges avaient investi un quart des nouveaux montants placés sur les comptes bancaires dans les fonds qu’ils détenaient réellement, leur patrimoine financier aurait, selon cette simulation, été supérieur de 83,3 milliards d’euros.

83,3 milliards € Gain théorique calculé par ING dans son scénario historique.

Ce chiffre ne représente pas de l’argent réellement “perdu”

Il faut toutefois interpréter cette simulation correctement.

Les 83,3 milliards ne constituent pas une perte réelle subie par les ménages belges.

Il s’agit d’un calcul rétrospectif basé sur les performances passées.

Les résultats futurs des marchés ne peuvent jamais être garantis.

De plus, un compte d’épargne et un fonds ne présentent pas le même niveau de risque, la même liquidité ni les mêmes garanties.

Pourquoi garder malgré tout une épargne disponible ?

Même avec le développement de l’investissement, une réserve disponible reste importante pour de nombreux ménages.

Une réparation urgente, une facture inattendue, une période sans revenus ou un achat important peuvent nécessiter de l’argent immédiatement accessible.

C’est pourquoi épargne et investissement ne remplissent pas exactement la même fonction.

Le changement observé par ING n’est donc pas la disparition de l’épargne bancaire, mais une diversification progressive de la manière dont les Belges construisent leur patrimoine.

Les jeunes présentent encore un potentiel important

L’étude relève notamment un intérêt élevé parmi les jeunes adultes.

Près de 46 % des 18-24 ans qui n’investissent pas encore pourraient envisager de le faire.

Les applications bancaires et plateformes numériques ont également rendu l’accès aux produits d’investissement plus simple qu’auparavant.

Le comportement financier belge est donc en train de changer

Pendant des années, le réflexe consistait souvent à placer les économies disponibles sur un compte bancaire.

Ce réflexe n’a pas disparu.

Mais les chiffres montrent qu’une part croissante des nouveaux montants prend désormais la direction des marchés financiers.

À retenir : en 2025, les ménages belges ont épargné 12,8 % de leur revenu disponible, contre 14,7 % dans la zone euro. Le taux d’épargne financière est estimé autour de 4 %. Depuis 2025, les flux vers les fonds d’investissement dépassent ceux vers les dépôts bancaires. Les chiffres d’ING décrivent une tendance générale et ne constituent pas un conseil d’investissement individuel.

Le Belge reste donc propriétaire d’un patrimoine financier important, mais sa manière d’épargner évolue. La part du revenu mise de côté est désormais inférieure à la moyenne de la zone euro, tandis qu’une quantité croissante d’argent quitte les comptes bancaires pour aller vers les fonds d’investissement. Après des décennies dominées par le compte d’épargne et l’immobilier, le patrimoine belge devient progressivement plus diversifié.