Courses en Belgique : les prix baissent pour le quatrième mois… mais le panier reste bien plus cher qu’il y a quelques années
Une évolution que de nombreux ménages attendaient enfin : en septembre 2026, les prix suivis dans les supermarchés belges ont de nouveau reculé par rapport à l’année précédente. C’est le quatrième mois consécutif de baisse selon Testachats. Mais derrière cette amélioration se cache une autre réalité : le panier moyen reste encore nettement plus cher qu’avant les fortes hausses de ces dernières années.
Depuis novembre 2021, Testachats suit régulièrement l’évolution des prix de plus de 3 000 produits vendus dans plusieurs grandes chaînes de supermarchés belges.
Albert Heijn, Carrefour, Colruyt, Delhaize, Aldi et Lidl font notamment partie des enseignes observées.
Les derniers chiffres publiés début octobre montrent une tendance inhabituelle : pour le quatrième mois consécutif, l’évolution annuelle du panier est négative.
La baisse avait commencé au mois de juin
Le mouvement n’est pas apparu du jour au lendemain.
En juin, Testachats avait enregistré une baisse de 0,41 %.
C’était la première fois depuis le début de ce suivi, en novembre 2021, que l’inflation du panier devenait négative.
La tendance s’est ensuite poursuivie.
En juillet, la baisse atteignait 0,63 %.
En août, elle était de 0,56 %.
Et en septembre, les prix restent en moyenne 0,50 % sous leur niveau de l’année précédente pour le panier analysé.
Certains produits ont réellement baissé
Plusieurs catégories participent directement au recul observé.
Les fruits affichent en moyenne une baisse de 4 %.
Les légumes, les produits surgelés et certains produits de poissonnerie sont également moins chers qu’un an auparavant.
Les produits laitiers enregistrent eux aussi une légère diminution.
Certaines baisses sont beaucoup plus visibles lorsqu’on regarde les produits individuellement.
Mais d’autres produits continuent d’augmenter
Une inflation moyenne négative ne veut pas dire que les étiquettes baissent partout.
Certains produits coûtent au contraire sensiblement plus cher qu’un an auparavant.
Les boissons alcoolisées affichent par exemple une hausse moyenne de 5 %, tandis que les produits d’entretien augmentent d’environ 2 %.
Plusieurs produits alimentaires enregistrent également des hausses importantes.
La viande d’agneau figure parmi les exemples les plus marqués, avec une progression d’environ 12 % selon Testachats.
Les tomates augmentent d’environ 9 %.
La bière, certains poissons, la charcuterie de poulet ainsi que plusieurs produits d’hygiène personnelle sont eux aussi plus chers.
Le shampoing fait également partie des hausses
L’évolution ne concerne donc pas uniquement l’alimentation.
Testachats relève également une hausse d’environ 9 % pour le shampoing et de 7 % pour le déodorant par rapport à l’année précédente.
Pour un ménage qui achète chaque semaine des dizaines de produits différents, ces mouvements peuvent s’équilibrer partiellement.
Mais ils expliquent aussi pourquoi certains consommateurs ont l’impression que leur ticket de caisse ne diminue pas malgré les chiffres généraux.
Le chiffre à ne pas oublier : environ 30,5 % de plus qu’avant
Les quatre mois de baisse sont une bonne nouvelle, mais ils arrivent après plusieurs années de fortes augmentations.
Testachats avait encore souligné récemment que le coût moyen de son panier restait environ 30,5 % plus élevé qu’avant la guerre en Ukraine.
Autrement dit, une baisse de 0,50 % sur un an ne suffit pas à effacer les augmentations accumulées depuis plusieurs années.
Pourquoi une petite baisse ne ramène pas les anciens prix
Imaginons qu’un produit passe de 10 € à 13 € après plusieurs années de hausses.
Même s’il baisse ensuite légèrement, par exemple à 12,90 €, son prix reste très supérieur aux 10 € d’origine.
C’est exactement la différence entre une baisse récente de l’inflation et un véritable retour aux anciens niveaux de prix.
Les prix peuvent cesser d’augmenter ou même diminuer légèrement tout en restant beaucoup plus élevés qu’il y a trois ou quatre ans.
Le ticket de caisse dépend aussi beaucoup de ce que l’on achète
Tous les ménages ne ressentent donc pas la baisse de la même manière.
Une personne qui achète régulièrement des fruits, des carottes ou de l’huile d’olive peut constater plusieurs diminutions.
À l’inverse, un ménage consommant davantage de viande, de produits d’entretien ou certains produits d’hygiène peut encore voir plusieurs lignes augmenter.
Le contenu du panier personnel reste donc aussi important que la moyenne nationale.
Comparer les prix reste utile
Testachats conseille toujours aux consommateurs de comparer régulièrement les prix entre enseignes et entre marques.
Les marques de distributeur peuvent notamment constituer une alternative moins chère à certaines grandes marques.
Les promotions peuvent également faire une différence, à condition de regarder le prix réellement payé plutôt que la réduction affichée seule.
Sur une année complète, quelques euros économisés chaque semaine peuvent représenter une somme importante.
L’énergie pourrait encore peser sur les prochains mois
Une autre inconnue reste importante : le coût de l’énergie.
Testachats rappelle que l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité peut finir par toucher d’autres secteurs.
Produire, conserver et transporter les aliments nécessite de l’énergie.
Une hausse durable de ces coûts peut donc progressivement se répercuter dans la chaîne alimentaire.
Il faudra ainsi attendre les prochains relevés pour savoir si la baisse observée depuis juin peut se poursuivre.
Après plusieurs années où les passages en caisse devenaient presque systématiquement plus chers, quatre mois consécutifs de baisse constituent un changement notable pour les ménages belges. Mais cette amélioration doit être replacée dans son contexte : même avec des prix légèrement plus bas qu’il y a un an, le panier reste encore environ 30 % plus cher qu’avant les grandes hausses des dernières années. Pour les consommateurs, la différence se jouera donc encore beaucoup dans le choix des produits, des marques et des enseignes.